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saladin

Pseudo: saladinCatégorie: Tout et rienDescription:
J'écris d'habitude pour moi. Tant mieux si ça se partage. Mes poles d'interet? tout et rien, la vie tout court, la vie difficile et laborieuse que la poésie atténue. La vie? et son contraire que je vie tous les jours par mon métier.
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Mardi 07 Août 2007
 
  
 
Constantine est une ville « lourde », il m’est difficile de trouver la juste traduction vers le français d’un mot qui n’existe peut-être pas pour ce sens; c’est en effet une ville difficile dans tous les aspects de sa vie quotidienne, son  transport, son relief, la rudesse de son climat et depuis peu de son peuple. Constantine, ville de civilisation, de savoir et de raffinement, est aussi une ville violente. Constantine est encore une ville désorganisée, où les différentes autorités ont toutes été incompétentes les unes après les autres depuis des lustres. Constantine serait une ville oppressante, n’étaient ses panoramas vertigineux.
 
Pourtant il y a une décennie ou deux, celui qui passe pour des études, s’y arrête. Définitivement. Ainsi c’est une ville cosmopolite, où les gents viennent de tous les coins d’Algérie. Il n’y a que les gents des grandes villes de mer qui retournent à la mer. Je fais peut-être l’exception. Je suis resté sur cet énorme rocher, devant ces indescriptibles précipices, invitant au vertige, à l’émerveillement et à la violence des passions.
 
Mon propos est surtout une grande déception par rapport aux natifs et aux enfants adoptifs de cette très vieille ville, qui n’ont pas entretenu sa mémoire et ne l’on pas aidée à l’éclosion et au progrès. L’âme de la ville s’effrite. La mentalité douar, sans sectarisme aucun, et la plus vile et la plus criminelle des ignorances ont fait de cette ville la plus arriérée de toutes.
 
Modeste reconnaissance à une ville qui donne et qui ne prend rien.
 
  
 
Dans l'action j'ai oublié où je suis né
La ville m'a ensorcelé
Non pas seulement du parfum de ses femmes
Mais  par des fleurs aux racines de chêne
Végétal, pierre et chair confondus,
Portant de leurs paroles et de leurs peines,
La légende des rois libres et oubliés,
La révolte ancestrale de la foule
 
Ville altière, et intrépide 
Toujours invaincue,
Roc au frémissement paradoxal
Comme les carrés de poils
Du fauve jamais endormi
Guerrière au delà de l’abîme
Au-delà du suicide et des défis
Portant de ses gorges la taillade
Comme la blessure du guerrier son trophée
Ville fière, rebelle, toujours invaincue
 
Qui sommes-nous devant cette ville ?
Qui a enfanté tant d'hommes et tant de songes
Mille fois assassinés, mille fois détruits
Qui suis-je pour me sentir trahi ?
Comme elle l'est de milles mensonges
 
O Constantine
Toi
Dont les poètes et les rois libres sont oubliés
Et dont la voix du sang versé de la foule
N'est plus qu'un faible cri d'animal blessé.
 
 
 
toute utilisation par quelque personne ou association supposée de sauvegarde de la ville que ce soit, est interdite
 

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