Marche le dauphin sur la terre
Je le suivrai
Je serai ses quatres états
Et ce qu'il voudra
Fluidité parfum roc et infini
Je serai lézardes gelées du coeur
Profondes
Mains de feu et doigts de chat
Je serai oeil fixe à force de scrutation
Regard voilé explosant des poitrines
Je serai sacrifice du jeu du corps
Comme une offrande
Et sein du nauffragé des supplices et des illusions
Je ne serai pas seulement rose
Par dessus mon épaule, ma blessure
Comme sur un drap de soie
Je marcherai sur les clous de sa terre
Je marcherai sur mes brisures
Je viens de lire les adieux du VAGABONDUMONDE.. Je dois dire que ça m'a fait une grande tristesse. J'ai appris à le lire systématiquement, avec quelques autres. J'ai appris à apprécier de la légereté dans ses écrits, au sens agréable du terme (le contraire de lourd), mais aussi de la tristesse sur les aléas de la vie qui touchent les etres, aussi familialement éloignés soient-ils. J'ai eu un jour des mots avec lui, on s'est offert un café, et on a fait la paix, mais j'ai gardé de cela le sentiment lourd d'avoir commis une faute, d'avoir blessé son amour propre et sa sincerité. Qui a dit que être paternel, quand on voit la confiance que lui vouent les jeunes du blog, est une attitude péjorative.
Hier et avant-hier, dans mon article précédent, ayant remarqué son absence (ayant moi même été absent du blog pendant 10 jours) j'ai émis une sorte d'avis de recherche. Sabri en a fait de même.
Je n'aime pas sa réponse, trop triste, à mon avis, contrairement à sa gaité habituelle, habitué que les vagabonds sont plus heureux dans les départs, les adieux et l'errance. Moi, étant casanier, sensible à l'habitude, et l'amour des êtres, je n'aime ni les départs, ni les adieux, ni l'errance.
En souhaitant que les choses ne sont pas dues à une mauvaise santé.
Comme s’il n’y en avait aucune
Il s’inventa une porte pour la rage de la claquer
Désaliénation de la pauvreté et de la trahison
Des faux remèdes et du slogan.
Raccommodant ses rêves, il déchira sa superstition
Puis quitta son espace pour celui des autres.
Pour l’exil puis la conquête
Il paya encore artères et veines
Feu prodige, eau précieuse et oxygène
Et la substance de tout élément.
Les vertus restent vertus, le juste plus juste
Mais tant et tant de sel pour si peu de saveur !
Et tant de Science pour n’éviter l’amer !
Il résista tant qu’il put pour ne pas se retourner
Mais ce ne sont pas les yeux, fussent-ils ouverts
Qui regardent
Alors il regarda son père acariâtre
Ne vous fiez pas au regard du vieux
S’il est parfois absent c’est qu’il traverse d’autres portes
S’il paraît ombilical c’est qu’il est comme le cordon
A transmettre au fils la rage et la juste révolte
Il regarda sa mère glaner points et pieds de lettres
Il regarda ses nouures, son auguste front
Et déclara en criant :
« Je suis la revanche et le fils de ma mère »
Il regarda ses frères et s’assigna d’être père sur le champ
Si les amis le gardent encore un peu dans leur cœur
C’est qu’il ne sera jamais différent.
Ces derniers jours dans la blogosphère, il y a un grand absent. Est-ce qu'il scrute et se prépare à autre chose, ou pense-t-il qu'il était devenu trop casanier, et a pris alors sa canne et son baluchon, pour vagabonder sous d'autres cieux.
Je me sens demain
A tous hostile et violent
J'aurai le coeur exsangue
Le mot de souffre brûlant
Et les yeux arides
Derrière mes pas le gouffre
Devant moi des horizons qui ne sont pas
Alors je reviens à autrefois
Je reviens rencontrer mon père
A la fois heureux timide et fier
Maître des collines et des vents
Les orteils d'épines sanglants.
Je reviens rencontrer mon père
Mes petits camarades paysans
Exiger la terre entière
Si je veux
Posant mes conditions
Je reviens à autrefois
Au rêve
A la consolation
Au sel qui a le gout du sel
Aux matins de rosée
Qui reviennent chaque fois