Comme s’il n’y en avait aucune
Il s’inventa une porte pour la rage de la claquer
Désaliénation de la pauvreté et de la trahison
Des faux remèdes et du slogan.
Raccommodant ses rêves, il déchira sa superstition
Puis quitta son espace pour celui des autres.
Pour l’exil puis la conquête
Il paya encore artères et veines
Feu prodige, eau précieuse et oxygène
Et la substance de tout élément.
Les vertus restent vertus, le juste plus juste
Mais tant et tant de sel pour si peu de saveur !
Et tant de Science pour n’éviter l’amer !
Il résista tant qu’il put pour ne pas se retourner
Mais ce ne sont pas les yeux, fussent-ils ouverts
Qui regardent
Alors il regarda son père acariâtre
Ne vous fiez pas au regard du vieux
S’il est parfois absent c’est qu’il traverse d’autres portes
S’il paraît ombilical c’est qu’il est comme le cordon
A transmettre au fils la rage et la juste révolte
Il regarda sa mère glaner points et pieds de lettres
Il regarda ses nouures, son auguste front
Et déclara en criant :
« Je suis la revanche et le fils de ma mère »
Il regarda ses frères et s’assigna d’être père sur le champ
Si les amis le gardent encore un peu dans leur cœur
C’est qu’il ne sera jamais différent.