J’ai regardé ce soir sur l'ENTV une interview de Naceer Chamma, ce virtuose du luth irakien. Je l’ai déjà vu au théâtre de Constantine lors d’un concert il y a deux ans. Je dois dire que jamais musique ne m’a aussi envouté que ce luth. Il faut ajouter une autre dimension dans cette musique, c’est la présence de l’Irak, martyre, non pas en filigrane, mais de manière consistante à couper au couteau selon l’expression. Tout au long du concert je n’ai pu retenir mes larmes, tant cette musique a la fois pure et triste, en plein événement d’Irak, vous porte a un état de dépassement, tant ce luth aux notes si pures unit toute une salle dans une sorte de recueillement presque religieux.
J’ai donc vu ce soir Naceer Chamma avec la même intensité et le même sentiment d’émerveillement et de tristesse qu’il y a deux ans. Dans l’interview, ses paroles comme ses notes sont à la fois si simples et si précises quand il parle de son art et de son pays. J’ai pensé un instant à l’artiste algérien inconnu qui a vécu la même douleur, a l’intérieur du pays ou à l’étranger, au cours de la Révolution. Cette fois ci non plus je n’ai pu retenir mes larmes.
publié par saladin dans: saladin