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saladin

Pseudo: saladinCatégorie: Tout et rienDescription:
J'écris d'habitude pour moi. Tant mieux si ça se partage. Mes poles d'interet? tout et rien, la vie tout court, la vie difficile et laborieuse que la poésie atténue. La vie? et son contraire que je vie tous les jours par mon métier.
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Mercredi 07 Mars 2007

A une grande architecte en herbe

 

Un jour de juin, un architecte et un poète se sont chamaillés. Comme ils se connaissaient bien, ils ne voulaient pas en venir aux mains. Nous allons pensent-ils  laisser chacun son oeuvre parler pour lui.
 
 Alors le bâtiment dit: moi je suis le Futuroscope, je crée le futur et je suis dans le futur et je le sais.
- C'est vrai dit le poème, en moi il y a toujours un peu de passé.
- Deux têtes m'ont pensé et vingt mains ont donné vie à mon projet, plus des milliers qui m'ont bâti.
- Moi, dit le poème, je ne peux germer que dans un cœur, c'est pourquoi je ne peux avoir l'insensibilité de tes pierres.
- Moi , dit le bâtiment, je suis si haut que j'ai la tête dans les nuages.
- Je suis petit, dit le poème, mais je suis né dans les étoiles.
- Moi j'ai des ailes comme les oiseaux, et les gens me regardent en soulevant la tête très haut, jusqu'à tomber en arrière, parce que je suis magnifique, beau et merveilleux.
- J'ai un avantage , dit le poème, c'est moi qui suis par moi-même toujours émerveillé.
 
Alors le poète excédé, n'adressant pas la parole à l'architecte, mais secrètement émerveillé par les deux, dit aux deux protagonistes: acceptez-vous mon arbitrage? Tous les deux répondirent: oui.
Le poète dit alors:
"Ô bâtiment, excuse moi de t'appeler ainsi, mais combien j'aurais aimé bâtir, bâtir tout simplement, avec deux pierres, l'une sur l'autre, ou quatre, ou mille. Ensuite je leur donnerais exactement tes formes. Malheureusement je ne pourrais jamais remplacer le souffle des milles petits gestes qui t'ont conçu. Comme je ne pourrais sécréter seulement quelques gouttes de sueur, remplacer tous les sommeils perdus, et créer toutes les angoisses qui palpitent dans ton cœur. Car vois-tu, j'aimerais être, en toi, seulement une pierre. Dans un coin si possible, pour profiter de toutes les perspectives et de toutes les lumières.
     Permet moi , de te dire ceci, en secret et entre nous, ne le dis surtout pas à l'architecte: j'aimerais tellement être celui qui t'a conçu, parce que tu es plus vrai et aussi beau que mon poème."
 
 
 
(pour son mémoire de fin d'études - juin 1999)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

publié par saladin dans: saladin
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Commentaires

un bon tête-à-tête qui finit bellement et qui donne à penser au poète et à ressentir à l'architecte.Merci Saladin!
Commentaire n° 1 posté par: bachir(site web) le 12/03/2007 - 23:54:42
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