Une ombre m'a poursuivi
Plus tenace que la mienne
Piégée dans ma poitrine
Je l'ai cousue de mes veines
J'ai volé le rayon d'un regard
D'un seul entre mille
Je l'ai caché sous mes paupières
Dans mes yeux ternis
J'ai pris dans un visage
Un à un des traits épars
Du front lisse une fine ride,
un coin de levre,
Un grain sur le nez,
Je les ai plantés dans mes livres.
J'ai recueilli des fragments de mémoire
Comme d'une pierre des gouttes
Comme on recueillerait
Au creux de la main
Une larme
De ces bribes, j'ai fleuri mes illusions
A ma superstition, j'ai mêlé
Terre, silence et insomnies
Dans mes rêves toutes ces choses
Ont jailli
En rosier fleuri
En eaux précieuses
publié par saladin dans: saladin